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Journée internationale des droits des femmes : pourquoi les soft skills sont-elles essentielles au leadership moderne ?

Développement de carrière Inclusion Management et leadership Article
Au cours des dernières années, le marché du travail belge a profondément évolué. La journée hebdomadaire en télétravail est désormais bien ancrée, les jeunes générations expriment clairement leurs désidératas, et attendent des entreprises qu’elles soient aussi diverses et inclusives qu’elles. Les dirigeants ont donc dû adapter leur style de leadership. Alors qu’autrefois l’expertise technique et la prise de décision hiérarchique dominaient, les soft skills font aujourd’hui toute la différence. Empathie, communication, intelligence émotionnelle et leadership fédérateur ne sont plus des « nice to have », mais bien des compétences stratégiques au cœur du leadership moderne. Dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes, Karina Perez Galindo, Noëmie Cicurel et Vanessa Sproedt-Graef partagent leur vision sur la manière dont les soft skills contribuent au leadership moderne et peuvent aider à réduire l’écart de représentation des femmes aux postes de direction en Belgique et au-delà.

Le leadership évolue du contrôle vers la connexion

Le débat autour des « soft skills » (compétences douces) est plus nuancé qu’on ne le pense souvent. Les hommes et les femmes disposent naturellement de soft skills différentes, et leur personnalité ainsi que leur parcours influencent également leur style de management. Karina Perez Galindo : « Les femmes ont généralement plus d’empathie, mais remettent souvent leurs connaissances et leur expérience en question, tandis que les hommes affichent davantage de confiance en eux et par rapport à leurs capacités. La réalité est plus nuancée, mais les compétences humaines revêtent indéniablement plus d’importance aujourd’hui. » Cette évolution n’est pas le fruit du hasard. Les nouvelles formes d’organisation du travail exigent davantage de confiance que de contrôle. Les équipes sont dispersées géographiquement parlant, les attentes sont plus individualisées et la concurrence pour attirer les talents reste forte sur le marché du travail belge. Noëmie Cicurel confirme cette tendance dans le leadership d’aujourd’hui : « Les femmes défendent souvent l’inclusion. Je vois également plus de femmes saisir des opportunités d’apprentissage et de développement, adopter un état d’esprit de croissance et exploiter des compétences de collaboration. Elles sont capables d’avoir une vue d’ensemble, d’examiner les détails d’une situation, et de travailler en équipe. » En d’autres termes, les soft skills influencent non seulement la dynamique interne, mais aussi l’attractivité d’une organisation en tant qu’employeur.

Les soft skills dans un marché du travail compétitif

Le fonctionnement des entreprises a structurellement changé. De nos jours, les leaders doivent diriger des équipes hybrides, répondre à des attentes accrues en matière de flexibilité et accorder davantage d’attention au bien-être et au développement des collaborateurs. « Le monde de l’entreprise est en constante évolution, mais la numérisation de ces dernières années a indéniablement accéléré certaines tendances », explique Karina. « Le télétravail et le travail hybride ont mis en avant l’importance des soft skills et ont élargi les choix des candidates et candidats. Aujourd’hui, la flexibilité, l’intelligence émotionnelle et la communication sont plus importantes parce qu’elles aident les cadres à mieux travailler avec des équipes hybrides. Dans un marché concurrentiel, comprendre les valeurs et les motivations des employés permet également de les retenir plus facilement. » En effet, les entreprises qui investissent dans les compétences relationnelles sont mieux positionnées dans un marché où les candidats ont le choix. La loyauté et l’engagement ne reposent pas uniquement sur un package salarial compétitif, mais sur une culture inclusive où les collaborateurs se sentent écoutés et valorisés. Vanessa Sproedt-Graef observe également un changement de mentalité chez les jeunes générations : « Les jeunes générations nous montrent la voie à suivre en matière de santé mentale, de feed-back, de formation et de flexibilité. Comme le dit Karina, pour générer de la loyauté et de l’engagement, vous devez désormais développer une culture qui reflète ces priorités. »

Un leadership inclusif renforce la performance

Les soft skills ne relèvent pas uniquement du bien-être : elles influencent aussi directement les performances. Les entreprises qui intègrent activement la diversité et l’inclusion dans leur approche du leadership en tirent souvent des avantages stratégiques. « J’ai vu une entreprise d’un secteur dominé par les hommes nommer sa première femme directrice générale », explique Vanessa. « Sa première initiative fut d’étoffer l’ensemble du comité. Dans son processus de recherche, elle a demandé des listes de présélection véritablement diversifiées et gardait un poste vacant ouvert aussi longtemps qu’il le fallait pour trouver la personne la mieux adaptée, avec les bonnes compétences et le bon état d’esprit. Même si cela prenait plus de temps que d’habitude. Elle a progressivement changé la culture et amélioré la diversité et les performances de l’entreprise. » Karina souligne également l’importance de l’équilibre : « Les entreprises prospèrent généralement parce qu’elles sont gérées par des personnes avec des compétences bien équilibrées. À ce stade, les compétences relationnelles font vraiment la différence dans les fonctions de direction. »

Développer ses soft skills est un choix stratégique

Le sens du leadership ne s’acquiert pas naturellement. Il nécessite de la réflexion, de la patience et une prise de décision claire. À ce sujet, Vanessa partage un conseil concret : « Élargissez votre vision, faites preuve de patience et ne prenez pas de décisions à court terme. Pour commencer, penchez-vous sur la culture de l’entreprise et sur la culture que vous souhaitez créer. Ensuite, engagez les bonnes personnes, peu importe le temps que cela prendra, et veillez à ce que l’équipe de direction actuelle applique vos valeurs. Les entreprises doivent avoir une vision, et c’est en suivant cette vision qu’elles engageront les bonnes personnes. C’est ça la clé. » « Il est important de combattre les préjugés. L’écrivain français Olivier Sybony a coécrit “Noise” avec Daniel Kahneman et Cass Sunstein, un ouvrage qui explore la prise de décision biaisée », ajoute Noëmie. « Selon lui, il est important d’avoir un groupe de personnes qui ne sont pas d’accord avec vos points de vue. En outre, les cadres devraient tenir compte des “mad skills”, acquises grâce à leurs loisirs et à leurs expériences de vie, car elles peuvent influencer le développement des compétences non techniques. »

Le leadership inclusif, une nécessité stratégique

Trouvez votre prochain·e dirigeant·e Réduire l’écart de représentation des femmes dans les postes de direction demande plus que des quotas ou des initiatives symboliques. Cela nécessite une réflexion plus large sur ce que signifie le leadership aujourd’hui. Empathie, capacité d’écoute, inclusivité et communication fédératrice… Toutes ces compétences ne sont finalement pas si « douces ». Ce sont des piliers fondamentaux pour les entreprises qui souhaitent évoluer dans un marché du travail belge complexe et compétitif. Les soft skills ne sont pas le contrepoids des résultats mesurables. Elles constituent de plus en plus souvent une condition préalable à des performances pérennes. À la recherche de votre prochain ou prochaine leader ? Robert Half peut vous aider. Contactez-nous dès aujourd’hui !

À propos des intervenantes

Karina Perez Galindo est managing director de Robert Half Executive Search aux Pays-Bas depuis mars 2022. Elle a rejoint l’Europe après avoir développé pendant plus de dix ans les activités de l’entreprise au Chili. Noëmie Cicurel travaille chez Robert Half depuis 1999. Après plus de deux décennies à développer les activités en France, elle est aujourd’hui directrice Learning & Development pour la France, l’Allemagne, le Benelux et la Suisse. Vanessa Sproedt-Graef est managing director pour les activités de Robert Half à Francfort, Rhein-Main et Mannheim. Elle a rejoint l’entreprise en janvier 2021 et possède plus de 15 ans d’expérience dans le conseil aux entreprises sur l’ensemble de la chaîne de valeur RH.
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