Étant donné leur impact à grande échelle, les entreprises jouent un rôle crucial dans la lutte contre le changement climatique. À cet effet, la directive européenne CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) entrera en vigueur en 2024. Cette dernière vise à renforcer la clarté et la transparence des efforts en matière de développement durable pour les parties externes. Mais quelles sont donc les implications de la CSRD pour votre entreprise, et quelles mesures devez-vous prendre ? La durabilité est devenue la priorité pour les entreprises du monde entier. Elle se base sur les critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance), traduits en 2016 en 17 Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies. Ces objectifs sont très variés : ils concernent la production et la consommation responsables, en passant par la lutte contre la pauvreté, la promotion de l’innovation, l’égalité des genres ou encore l’élimination des inégalités entre les pays. En somme, on attend des entreprises qu’elles exercent leurs activités dans le respect du climat et de l’éthique sociale, tout en continuant à générer suffisamment de bénéfices.
Depuis quelques années déjà, les entreprises doivent rendre compte de leurs performances au cours de l’exercice précédent. À l’heure actuelle, seuls les organismes d’intérêt public — à savoir, les organisations soumises à un régulateur (telles que les banques, les compagnies d’assurance et les sociétés cotées en bourse) — sont tenus de déclarer leurs efforts en matière de développement durable. Les autres entreprises peuvent le faire sur une base volontaire. À cet effet, elles s’appuient actuellement sur le cadre de reporting existant, qu’elles interprètent à leur façon. La Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) changera néanmoins bientôt la donne. Cette nouvelle directive européenne relative à la stratégie et au reporting en matière de durabilité s’inscrit dans le cadre du Green Deal européen. Elle entrera progressivement en vigueur à partir de 2024. Cette même année, les organismes d’intérêt public susmentionnés devront également présenter leur premier rapport. Ensuite, en 2025, toutes les entreprises répondant aux critères de taille de la CSRD devront leur emboîter le pas. En établissant un certain nombre de normes de reporting (European Sustainability Reporting Standards ou ESRS), la Commission européenne entend améliorer la qualité, la transparence et la comparabilité des rapports en matière de développement durable. Pour commencer à appliquer le CSRD, votre entreprise doit prendre différentes mesures. Premièrement, vous devez analyser la structure du groupe afin de déterminer le niveau de reporting au sein de celui-ci. Deuxièmement, vous devez procéder à l’analyse de double matérialité — qui permet d’identifier les thèmes matériels de développement durable (liés aux ESRS) devant faire l’objet d’un rapport. Cette analyse constitue la base d’une feuille de route réaliste visant à améliorer la qualité des processus et des données de durabilité, pour une Europe plus durable.
Chaque entreprise est unique, tout comme le sont les différents thèmes de durabilité faisant l’objet d’un reporting. Certaines organisations font de la biodiversité une priorité, tandis que d’autres mettent l’accent sur l’économie circulaire. C’est là qu’intervient la double matérialité. Comme son nom le laisse entendre, cette analyse fonctionne à double sens et permet de répondre à la question suivante : quel impact a votre entreprise sur l’environnement, et vice versa ? Concrètement, vous devez interroger les parties prenantes internes et externes (fournisseurs, clients, collaborateurs, actionnaires, etc.) pour déterminer les aspects pertinents. Un certain nombre de lignes directrices vous indiquent comment procéder de manière structurée. Le résultat de l’analyse de double matérialité vous confère une vue d’ensemble sur les impacts, risques ou opportunités possibles en matière de développement durable, ainsi qu’un aperçu des ESRS pertinentes pour votre entreprise. La dernière étape consiste à élaborer un plan d’action concret, dans lequel vous fixez des objectifs pour chaque thème matériel de durabilité et rendre compte des progrès enregistrés conformément aux exigences ESRS.
Bien que de nombreuses entreprises aient déjà l’habitude de rédiger des rapports de durabilité, la CSRD est complexe et entraîne une charge de travail importante en interne. L’exécution d’une analyse de double matérialité n’est pas simple et prend du temps. Évitez donc de vous y prendre à la dernière minute : prévoyez suffisamment de marge et de ressources. Assemblez une équipe complète composée de parties prenantes internes et externes, issues de tous les services et de tous les échelons. D’une manière ou d’une autre, tout le monde est impliqué dans les objectifs de durabilité de l’entreprise. En mobilisant un maximum de personnes, vous obtiendrez le soutien nécessaire pour atteindre vos objectifs. Gardez à l’esprit que le monde change constamment, et avec lui la matérialité des thèmes. Actualisez-les régulièrement pour que votre stratégie de développement durable reste alignée avec les activités de l’entreprise et vos priorités ESG. Ne considérez pas la double matérialité, la préparation et l’exécution de la stratégie de durabilité comme un « plus » dans les attributions d’une poignée de collaborateurs. La durabilité n’est plus un élément secondaire, mais fait à présent partie intégrante de la stratégie de votre entreprise. Si toutes les organisations décident d’unir leurs forces et d’œuvrer pour rendre l’Europe climatiquement neutre, elles pourront avoir un impact majeur.
Vous désirez en savoir plus sur les tendances actuelles ? N'hésitez pas à vous inscrire à notre newsletter !